Photographie et course à pieds

Photographie et course à pieds Stade Jean Bouin Canal + Running Estelle A.

Ce mois-ci, je me suis essayée à la photographie sportive... sous la pluie ! Cliquez pour tweeter

Et bien, je ne suis pas déçue !

A la demande de l’association Canal+Running, je me suis déplacée au stade pour un petit reportage sous le signe de la bonne humeur. Malheureusement, il faisait un temps à ne pas mettre un chien dehors, et encore moins un appareil photo ! Mais les runners sont coriaces ! Qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente, ils sont dehors, sur le stade, baskets aux pieds. Alors moi, j’ai pris mon parapluie à deux mains, mon reflex sous le menton et tant bien que mal, j’ai pris des photos !

Et finalement, devinez quoi, photographie, pluie et course à pieds se marient à merveille !

 

Petit guide du débutant pour allier photographie et course à pieds sous la pluie.

 

I – Les réglages

A l’évidence, une vitesse d’obturation élevée est indispensable pour la photographie sportive, sinon vos coureurs seront flous ! Or, nous, on veut voir les giclées de pluie voler lorsque la chaussure frappe le sol, on veut voir les détails des muscles en action, on veut voir des visages déterminés.

En revanche, le paysage derrière importe beaucoup moins, le décor autours d’un stade étant généralement plutôt fade. Ceci est d’autant plus vrai quand il pleut ! Beurk. Donc on va chercher à ouvrir l’objectif pour obtenir un joli effet de bokeh (ou flou d’arrière plan). Et ça tombe bien, car cela va aussi nous permettre d’avoir de la lumière !!! Car si la pluie est ici un atout esthétique, c’est aussi un faux ami, car les gros nuages tout gris assombrissent considérablement les lieux…

Mais alors que choisir ? Manuel ? Priorité Vitesse ? Priorité ouverture ? Et bien à vous de choisir ! En priorité vitesse préférez une vitesse d’au minimum 1/300 et si vous voulez capturer les gouttes de pluie en détail, plutôt 1/1000. En jouant sur votre vitesse, vous pourrez influencer l’ouverture selon vos envies. En priorité ouverture, préférez une ouverture la plus grande possible, mais attention assurez vous avant de déclencher, d’avoir une vitesse suffisante ! En tout manuel, grande ouverture, vitesse élevée mais attention à votre exposition !

Il faudra aussi certainement monter un peu dans les ISO (la sensibilité du capteur) pour obtenir des photos correctement exposées à des vitesses d’obturation élevées.

II – La composition

Une règle ici importe le plus : on laisse de l’espace aux sportifs ! Les coureurs se déplacent, alors on leur laisse environ les 2/3 de la photo devant eux. On suit le regard, on suit les baskets. Sinon on risque d’avoir l’impression que le coureur va se prendre le mur, i.e. le bord de la photo.

Une deuxième règle : on ne coupe pas les membres ! On est pas des bouchers, on intègre à la photo les mains, les pieds, la tête. Bien entendu, les règles sont faites pour être transgressées, et vous pouvez vous amuser un peu. Par exemple moi j’ai fait un petit focus sur les pieds ! Du coup impossible de faire autrement, il faut couper les jambes ou le buste carrément !  Simplement, on essaye de ne pas couper n’importe où… Mais là encore pas trop de souci, on peut toujours recadrer en post-traitement et suivre son instinct. Un petit tips néanmoins, il vaut parfois mieux cadrer un peu trop large lors de la prise de vue, et ensuite redécouper que de se retrouver avec une photo cadrée trop serrée. Car ce qu’il manque, difficile de le recréer ensuite !

Dernier point : ce qui est génial ici, c’est qu’il pleut !!!! Le sol est gorgé d’eau et du coup on a de magnifiques reflets sur la piste rouge. C’est trop beau, on en profite, on les intègre dans notre composition !

III – La Prise de vue, les étapes clés

1. On choisit son point de vue. Avant tout déclenchement, et c’est extrêmement important,  on fait attention à son placement ! Non, on ne corrige pas une erreur de placement avec le zoom et le recadrage en post-traitement. C’est vrai pour n’importe quel type de photographie d’ailleurs.

2. On peaufine sa composition, on met la ligne d’horizon à l’horizontale, on cache les trucs moches, poteaux, poubelles…

3. On vérifie qu’on a une belle exposition et une vitesse suffisante.

4. On attend le coureur et paf on déclenche !

5. On vérifie et on corrige ses réglages si besoin (le photo n’est pas floue, elle est bien exposée, elle est bien composée)

IV – Le post-traitement

Pas de mystère, les plus belles photos sont toutes retouchées. Et ça ne me pose aucun problème, ça fait intégralement parti, selon moi, du travail de photographe de post-traiter ses photos.

1. On trie !

Et oui, on a pris 300 photos ou peut-être plus mais c’est beaucoup trop ! L’idéal c’est de réduire la série à une vingtaine de clichés. On prend les meilleurs et on hésite pas à supprimer !!! D’abord on supprime les ratées (floues, mal cadrée, mal exposée, sujet en dehors du cadre, sujet non mis en valeur). Jusque là c’est pas trop dur. Mais ensuite, il faut avoir l’œil, et savoir dire : ok cette photo est peut-être techniquement réussie, mais elle ne dégage rien, elle n’apporte rien à ma série, elle est redondante (même sujet pris trois ou quatre fois avec peu/pas de variante).

2. On recadre

Bon là, ce n’est pas une étape obligatoire, mais il peut être très intéressant de retravailler le cadrage afin de simplifier la photo (on enlève des éléments superflus sur les bords), mettre en valeur le sujet (on resserre le cadrage sur ce qui nous intéresse) ou encore peaufiner la composition (utiliser la règle des tiers, donner de l’espace au sujet…)

3. On donne du peps !

Des milliers de possibilités s’offrent à nous grâce à tout les paramètres modifiables ! A vous de faire confiance à votre œil ! Personnellement mon premier réflexe est de diminuer les hautes lumières afin de réduire les zones complètements cramées (ultra blanches). Ensuite je donne un peu de contraste, je joue avec les ombres et les noirs, je rectifie l’exposition en fonction. Et si besoin j’augmente légèrement la saturation et la vibrance (attention aux excès) afin donner plus de couleur à ma photo ! Parfois si je veux mettre en valeur un objet/élément coloré, je renforce uniquement la couleur en question. Enfin, et assez rarement, je réduis le bruit si j’en ai.

4. On exporte et on sauvegarde

Quand on est content du résultat final, on exporte ses photos terminées, avec leur crédit et les modifications apportées. Et surtout on sauvegarde un peu partout : disques durs, cloud… On est jamais trop prudent ;)

Conclusion

Bon, je vous ai raconté plein de choses qui sont vraies pour tout types de photos ! Notamment en prise de vue et en post-traitement. Mais, quoiqu’il en soit, l’essentiel est de s’amuser, de jouer, d’explorer. On touche à tous les boutons et on transgresse les règles ! C’est comme ça qu’on apprend et qu’on invente et réinvente la photographie.

En tout cas, moi, je me suis trop marrée, même sous la pluie, et j’ai hâte de refaire de la photographie sportive !

Estelle A.

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2 réflexions sur « Photographie et course à pieds »

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